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Des livres pas des armes...

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Humeur... 

On aime à croire que ce n’est pas pour pimenter la manifestation dont ils sont en charge, que les organisateurs du Salon du Livre, à Paris, ont fait cette année des écrivains israéliens leurs invités d’honneur.

L’occasion s’y prêtait particulièrement, avec le soixantième anniversaire de la proclamation de l’État juif, et le président Shimon Peres faisant de cette inauguration le point d’orgue d’une visite officielle en France. Et si l’on pouvait naturellement s’attendre, chez nous, à des critiques sur l’opportunité de cette réception, si l’on pouvait craindre qu’elle provoque des réserves dans le monde arabe, on n’imaginait pas qu’elle déclencherait des réactions d’une telle vivacité.


Même dans les pays habituellement plus modérés, telle l’Égypte, ou les plus proches, tel le Liban, on a interprété l’apparent réchauffement des relations franco-israéliennes comme une inflexion de la politique française au Moyen-Orient. Plus que de longs discours stéréotypés sur l’amitié entre nos peuples, des images sont restées. Celle de Jacques Chirac piquant une colère, quand des policiers israéliens prétendaient le tenir à distance de la foule arabe qui l’acclamait dans la vieille ville de Jérusalem, est restée comme le symbole d’un allié venant à manifester sa solidarité avec le peuple palestinien.


Que Nicolas Sarkozy ait voulu nouer de nouveaux liens avec Israël, sans avoir à rappeler à celui des dirigeants qui a bénéficié le plus de l’aide française, en d’autres temps, voilà qui ne s’expose pas sur la place publique. Mais voilà qui autoriserait le président français à peser davantage, pour faire accepter par Israël les conditions d’une paix juste, assurant sa propre sécurité, mais garantissant aux Palestiniens leur droit de créer un État réellement indépendant, partageant Jérusalem comme capitale, et vivable, doté de structures permettant un véritable décollage économique.


Quel rôle pour les écrivains, dans ce processus de rêve, pour contribuer à faire bouger les lignes ? Ceux du monde arabe, et du Maghreb, ont le plus souvent décidé le boycott, et des stands nationaux resteront vides. Quelques-uns, parmi les plus notoires, tel Tahar ben Jelloun, entendent au contraire jouer le jeu des intellectuels, assumer leurs oeuvres, et participer aux débats qui leur seront proposés. Quant aux auteurs les plus connus d’une foisonnante littérature hébraïque, qui mixe tous les genres, ils ne sont sans doute pas fâchés de répondre aux attaques anonymes dont ils sont l’objet.

Amos Oz, Sayed Kashua, Ilan Pappé, parmi les plus lus ou écoutés, sont des « figures » du militantisme favorable à la paix par la négociation avec les Palestiniens. Mais, selon le vieil adage, « rien d’humain ne leur est étranger ». La paix ne s’imposera pas par les armes : mais les livres peuvent en frayer la voie. •

JULES CLAUWAERT Source : www.nordeclair.fr

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