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  • Le procès de Bobigny

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    Violée par un garçon de son lycée, Marie-Claire est enceinte à 16 ans. Elle refuse de garder l'enfant et demande à sa mère Michèle de l'aider. Michèle C. est une modeste employée de la RATP. Elle élève seule ses trois filles de 16, 15 et 14 ans, après avoir été abandonnée par leur père qui ne les avait pas reconnues. Elle gagne alors 1500 francs (228 €) par mois.

    Le gynécologue qui confirme le diagnostic de grossesse ne refuse pas d'avorter la jeune fille, mais il demande 4500 francs, soit trois mois de salaire de la mère. Celle-ci demande alors de l'aide à sa collègue Lucette D., qui à son tour sollicite Renée S. Elles s'adressent à une autre collègue, Mme B. Malade, veuve avec trois enfants et s'étant déjà elle-même avorté dans le passé.

    Mme B. pratique l'intervention pour 1200 francs (183 €), en posant une sonde. Mais à sa troisième tentative, une hémorragie survient en pleine nuit. Michèle et Marie-Claire C. vont à l'hôpital, où la mère doit déposer 1200 francs, ce qu'elle fait avec des chèques sans provision[3], avant même que sa fille soit admise et soignée.

    Quelques semaines plus tard, Daniel P., le violeur de la jeune fille, soupçonné d'avoir participé à un vol de voitures, est arrêté. Et il dénonce Marie-Claire dans l'espoir que les policiers le laissent tranquille. Plusieurs policiers se rendent alors au domicile de Michèle C. et la menacent de prison pour elle et sa fille si elle n'avoue pas, ce qu'elle fait alors immédiatement.

    Michèle et Marie-Claire C., et les trois collègues de Michèle sont alors inculpées – terme alors utilisé pour ce qui est devenu aujourd’hui en France une mise en examen.

    La mère trouve à la bibliothèque de la RATP le livre Djamila Boupacha écrit par l'avocate Gisèle Halimi, sur une militante algérienne violée et torturée par des soldats français. Les femmes poursuivies contactent l'avocate, qui accepte de les défendre.

    Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, qui préside l'association féministe "Choisir", décident avec l'accord des inculpées de mener un procès politique de l'avortement : loin de demander pardon pour l'acte commis, la défense attaquera l'injustice de la loi de 1920, d'autant qu'alors que les Françaises qui le peuvent partent en Suisse ou en Grande-Bretagne pour avorter, les plus pauvres doivent le faire en France dans la clandestinité et des conditions sanitaires souvent déplorables.

    La première fois qu'elle se trouve devant le juge d'instruction, Michèle C. proteste : « Mais, monsieur le juge, je ne suis pas coupable ! C'est votre loi qui est coupable ! » Le juge lui ordonne de se taire sous peine d'une deuxième inculpation pour outrage à magistrat.

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    Ce procès s'est déroulé dans une ambiance extraordinaire, unique, parce que je dois dire que plaider pour des femmes pendant que tout le tribunal de Bobigny était investi par des manifestations de femmes, avec les slogans et les mots d'ordre que vous connaissez, c'est être, littéralement, portée par l'événement.

    Marie-Pierre a été acquittée par le tribunal pour enfants. En revanche, sa mère et ses trois complices ont été condamnées à des amendes avec sursis tout à fait minimes, ce que nous n'avons pas accepté. Nous avons donc interjeté appel, appel qui n'a jamais été programmé pour être plaidé, et qui donc est mort, si je puis dire, de sa belle mort, c'est-à-dire de prescription, et que Michèle et ses amies du métro n'ont jamais été condamnées.

    Gisèle Halimi


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  • Les vêtements de Hiroshima

    Vernissage de l'exposition "Les vêtements de Hiroshima" à Saint-Pierre des Corps ce mardi 21 septembre et présentation du livre du même nom ! ( 18 heures ).

    Cliquez sur cette vignette ! Merci 9782915640755.jpg

  • Lilith

     

    Lilith 1 de couv.png"LILITH ou la Tentatrice d’Adam". Sans doute, cet ouvrage, finalement, n’a-t-il pas grand’chose de commun avec la Lilith mythologique, mais au moins, l’auteur rejoint parfaitement Goethe qui dans son Faust, parle de la Nuit de Walpurgis, la... Nuit du 30 avril au 1er mai, dite « Vigile de Mai », cette nuit où selon une tradition ancienne, Lilith descendait par le moyen d’un tronc d’arbre, l’Arbre de Mai.

    Mais qui est Lilith ? Bien malin qui peut dire « c’est la première épouse d’Adam », puisque à la vérité, échappant au temps, elle est éternelle. Là, nous sommes, non pas au temps de la Genèse mais « aujourd’hui ».

    C'est un texte d'actualité!
    Cet ouvrage, Lilith, est une œuvre d’un caractère unique. A la fois historique, dramatique, et poétique. Tout se passe en une nuit, cette fameuse nuit du 30 avril au 1er mai. Cette nuit qui sera la fête des Francs-Charpentiers, dont la vocation était de partager sans cesse le savoir. Le 1er mai était dit « jour des travailleurs » (de l’esprit » s’entend).

    On en a fait la Fête des travailleurs. Ce jour là, les Francs Charpentiers tenaient un discours, qu’on appelait « Discours de revendication ». Ils revendiquaient le droit de révéler les mensonges de l’Eglise. Aujourd’hui, remplacé par les discours de revendication sociale. Ce livre LILITH est bien plus qu'une complainte, c est le Combat d’un Travailleur !

     

     

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  • Francesca, Allain et Patrick

    1° de couv Leprest.pngJ'ai aimé ce petit livre au goût de trop peu et pourtant si dense.

    Véronique Sauger, en petites touches douces et tendres, nous donne la parole perdue, le passé ou passage, le carpe diem, de deux astres que j'aime comme beaucoup d'autres, avec cette réserve qui nous est commune de l'amitié, du métier des mots et de la voix.

    Les petits tableaux de mots, de phrases, de vies croisées sont utilement beaux à cet instant de grands démembrements des valeurs essentielles dans notre société. Quand l'autre nous parle d'identité nationale, on mesure d'où l'on vient, où nous en sommes, où nous risquons d'aller si nos voix, nos rimes, nos musiques se taisent. Vigilantes plumes, vigilantes voix du genre humain, Francesca Solleville et Allain Leprest portent haut l'espoir de lendemains sans arme, sans scories d'exploitation. Je vénère leur combat avec ce qu'il recèle de vraie générosité, de fraternité sans faille, de solidarité lucide.

    On dit que les chats ne font pas des chiens. Il en est qui ne se mélange pas, d'autres qui ouvrent la table de leur coeur avec humilité envers et contre toutes les manigances contre l'humanité, celle des mains calleuses, celle des beaux chants de revendication, des fins de mois douloureuses. J'en suis. Merci à Véronique d'offir cette petite frise sur deux grands de la chanson française, deux amis des humbles, des sans suite dans les grands hôtels du merdier libéral et bancaire.

    Véronique laisse le pouvoir aux mots, se fait servante ici d'un récit qui nous enrichit.

    L'éditeur est aux lustres avec ce livre, il brille de courage dans le marigot de l'édition actuelle. Lisez-moi cela s'il vous plaît, allez écouter et entendre Francesca et Allain.

    On en ressort libre presque heureux d'exister dans ce monde de concurrence où les humains, les territoires, les semis de légumes même résistent au grand naufrage nanotechnologique de la pensée. Le verbe reste le primat de la conscience humaine et Véronique nous rappelle qu'il a du caractère.

    PPS
    Portraits croisés, Véronique Sauger, édition les points sur les i

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