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Actualité - Page 4

  • Un monde libre ?

    Après "La graine et le mulet" d'Abdellatif Kechiche  ( voir notre précédente ), je vous invite à aller voir "It's free world" de Ken Loach. J'y suis allé en VO c'est mieux et 1h30 de bonheur, très interrogatif à la sortie, ce film ne laisse pas insensible croyez-moi !

    63a223ebe41533244d83af37d6e0ed71.jpgLe pitch : Une fille d'ouvrier anglais va se lancer dans les affaires, au prix de quelques entorses avec ses valeurs généreuses. Un nouveau plaidoyer du cinéaste britannique contre la société libérale.

    Mère célibataire débordée, travailleuse ambitieuse et compétente mais licenciée injustement, Angie (Kierston Wareing) finit par comprendre qu'on ne peut compter que sur soi pour s'en sortir. Dans "It's a free world!", cette fille d'ouvrier anglais va se lancer dans les affaires, au prix de quelques entorses avec ses valeurs généreuses.

    Sur fond de boom économique londonien et d'immigration en provenance des pays de l'Europe de l'Est, le Britannique, Ken Loach, nous livre une nouvelle critique de la société libérale d'aujourd'hui, dans laquelle il est toujours plus facile de marcher sur les autres que de les aider.

    Violence latente

    Après plusieurs petits boulots sans avenir, Angie, la jolie trentaine, recrute à tour de bras des Polonais pour une agence d'intérim en Angleterre quand elle perd son emploi. Battante, mais aussi paniquée à l'idée d'un nouvel échec professionnel, elle décide de monter sa boîte: elle devient son propre patron, entraînant dans l'aventure sa colocataire, Rose.
    Angie s'installe dans l'arrière-cour d'un pub du quartier, engage chaque matin une petite troupe d'immigrés installés à Londres, leur trouve du travail et les envoie dans des vieilles camionnettes à des patrons généralement peu scrupuleux. Chaque matin, une nouvelle fournée de docteurs ou d'infirmières polonais partent ainsi faire tourner des usines, monter des murs ou nettoyer des bureaux pour un salaire ridicule.
    Les affaires marchent bien, les contrats affluent et l'argent arrive assez vite, mais les ennuis aussi. Angie se trouve en effet confrontée au monde trouble du travail au noir, du trafic de faux papiers, des marchands de sommeil et des exploiteurs de clandestins. Un monde où les liasses de billets fleurissent sur le terreau de la misère, ce dont chacun profite: les patrons qui s'enrichissent comme, tant bien que mal, les immigrés qui gagnent plus qu'au pays. Dans ce monde-là, la violence est latente et il se trouve toujours un gros poisson pour avaler les plus petits.

    Sans manichéisme

    "It's a free world" propose une plongée assez réaliste dans le quotidien des travailleurs immigrés, qui paient en conditions de vie et de travail déplorables la richesse qu'ils viennent chercher dans un pays plus prospère que le leur.
    Dénonciation de cette situation, le dernier Ken Loach n'est pour autant pas manichéen, ce qui tient en grande partie à l'ambiguïté du personnage d'Angie. Son besoin de réussir coûte que coûte lui fait oublier ce qu'elle fait subir à ces employés, mais elle est fragile et aussi profondément généreuse, ce dont elle témoigne de temps à autre. (Source N.O)

  • La franchise de Roselyne

    65261bf189f2ff9434e81153ae3233a5.jpgLe Conseil constitutionnel a jugé que les franchises médicales n’étaient pas un obstacle à l’accès de tous à la santé. Il valide donc la loi de financement de la Sécurité sociale qui instaure un tarif non remboursable de 50 centimes d’euros sur les médicaments et les actes médicaux et 2 euros sur les transports sanitaires, avec un maximum de 50 euros par an. Les bénéficiaires de la couverture maladie universelle et les femmes enceintes en sont exemptés. Cette franchise devrait rapporter à la collectivité 800 millions d’euros, l’équivalent des sommes dépensées cet été, uniquement au titre du bouclier fiscal qui profite aux plus fortunés.

    Une étape majeure est franchie aujourd’hui dans l’histoire politique de notre pays. Jusqu’à présent - depuis 2000 - les baisses d’impôt étaient relativement indolores pour les plus démunis (même si l’argent dépensé ainsi aurait pu être utilisé autrement et sans compter les hausses d’impôts locaux).

    Aujourd’hui le gouvernement fait payer à tous (dont les plus pauvres) les dépenses consacrées aux plus aisés. Il suffisait en effet à l’Etat de ne pas étendre le bouclier fiscal et de verser les sommes équivalentes à la prise en charge des personnes âgées dépendantes. A la place, ce sera donc aux franchises médicales de le faire. Au fond, notre franchise finance le bouclier. Bien au-delà des clivages partisans, ces dispositifs en apparence techniques touchent au cœur des valeurs républicaines.

    Source : Obs des inégalités

  • Louxor j'adore !

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    Il suffit de cliquer sur la photo !... et de mettre le son !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ( source photo - loboFakes - DR)

  • Les banlieues

    Compte rendu thématique de la revue Espace et Société publié en décembre 2007

    Sur la mobilisation des « héritiers » postcoloniaux eux-mêmes et leur interprétation des émeutes, le livre de B. Girard, spécialiste des questions d’immigration et de discrimination, fournit une explication éclairante.

    L’« insurrection des jeunes de banlieue » aurait donné à une « nouvelle bourgeoisie – une petite bourgeoisie intellectuelle, en fait – issue de l’immigration, assoiffée de reconnaissance, l’occasion de sortir de l’ombre, de s’affirmer, de s’installer dans le paysage politique et médiatique ». L’accent mis de manière quasi obsessionnelle sur la question de l’invisibilité/visibilité des « minorités » pourrait effectivement trouver là un début d’explication.  

    Peu importe, en effet, que « la France invisible » des déclassés englobe des gens de toutes origines « ethniques », comme le montre encore un ouvrage récent, et que, dans la nuit de la paupérisation et de la marginalisation de masse, tous les chats ne soient pas forcément noirs ou basanés. En réitérant avec emphase que « les “immigrés” rendent visible l’inégalité par leur simple présence dans les espaces discrédités », c’est à leur propre situation d’individus ayant eu, à un degré moindre, à subir également des discriminations que les indigènes diplômés de la République font implicitement référence, même si, grâce à leur parcours scolaire – pour ne rien dire des stars du sport ou du show-biz appelées à la rescousse –, ils ont pu, quant à eux, accéder à la visibilité dans des lieux plus valorisants. Rien de tel, dès lors, que de mettre sur le devant de la scène la question du postcolonialisme français pour se mettre eux-mêmes en scène et jouir ainsi à leur tour de leur « quart d’heure de célébrité, que ce soit dans les salles de rédaction, les studios de la radio, sur les plateaux de télévision ou… dans les bureaux feutrés des maisons d’édition ».

    Forts de leur statut de représentants légitimes du « monde des cités », même s’ils les ont quittées depuis longtemps ou n’y ont jamais mis les pieds, sinon à titre de « personnalités » invitées à donner sens à la révolte qui en sourd, ils ont su tirer parti des événements pour livrer enfin au grand jour (etau grand public) une vision de ce monde conforme à leurs propres aspirations. Une vision rehaussée par l’aisance de cette élite rompue au maniement du verbe et à l’échange d’arguments, acquis dans les joutes oratoires des milieux universitaires ou associatifs, et qui pouvait d’autant plus séduire les auditeurs, téléspectateurs ou interlocuteurs, qu’elle contrastait avec la « révolte muette » des cadets déshérités aux prises avec la police.

    À l’instar des « Blancs » éduqués du siècle passé à l’égard de feu le mouvement ouvrier, qui se réclamaient de lui afin de faire passer leurs propres revendications, les membres d’une néo-petite bourgeoisie « rebeu » ou « renoi » scolairement dotée se veulent aujourd’hui les intellectuels organiques d’un mouvement anti-« postcolonial » plus ou moins fantasmé mais conforme à leurs voeux. Excipant d’une origine ou d’un destin postulés communs avec celui des « jeunes de banlieue en colère », cette nouvelle intelligentsia s’est présentée tantôt comme leur porte-voix tantôt comme meilleure experte de leurs frustrations, leurs ressentiments et leurs désirs pour exprimer ses propres desiderata.

    Aussi B. Girard est-il fondé à en déduire que ses membres les plus en vue ont « fait main basse sur les émeutes», qu’ils ont « détourné les violences à leur profit ». Désireux avant tout de se positionner en acteurs incontournables sur la scène politico-médiatique, et scientifique aussi, il est logique qu’ils n’aient pas placé la question sociale au centre de leurs interprétations puisqu’elle n’a guère de raisons de figurer au centre de leurs préoccupations. Cette propension à ethniciser la conflictualité sociale transparaît encore, bien que de manière plus subtile et plus sophistiquée – et quelquefois alambiquée –, dans le dossier de Lignes consacré au « soulèvement des banlieues ».

    Comme il fallait s’y attendre de la part d’une revue à dominante philosophique située « à gauche de la gauche » – tendance radical-chic –, il ne s’agit pas d’un dossier à charge contre les fauteurs de troubles, mais, au contraire, d’un plaidoyer principalement destiné à « montrer que les diverses raisons exposées à gauche pour se désolidariser de ces jeunes révoltés des nuits de novembre méritent d’être réexaminées, et qu’elles ne résistent pas à l’examen ».

    Or, si elle n’évacue pas totalement le soubassement socioéconomique des aspirations égalitaires implicitement portées par la révolte, cette déconstruction n’en privilégie pas moins la dimension « postcoloniale » voire raciale du tort fait à ces jeunes Français qui, du fait d’être parqués dans des enclaves socialement, culturellement et surtout politiquement déconnectées du territoire de la République, « ne sont pas à proprement parler des habitants de la France ».

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  • Resistance musclée

    Des tentes pour les sans abris…
    Merci Liliane de m'avoir donné ce texte et cette photo ! Crédit photo : Charles Platiau

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    Á 10h30, une centaine de journalistes couvrant le rassemblement de plusieurs associations s’étaient donné rendez-vous sous le pont d’Austerlitz.

    Tandis que ce leurre stratégique faisait diversion, une action citoyenne, sur les quais aux abords de Notre-Dame de Paris, rassemblait différentes associations et au moins un millier de personnes conduites par Les Enfants de Don Quichotte, surprenant touristes et forces de l’ordre par son ampleur et sa rapidité.

    Á 11 heures précises, plus de 200 tentes se déployaient à la vitesse grand « V », portées et déposées les unes à côté des autres, pour être ensuite reliées entre elles par les participants présents.

    Ceux-ci se sont alors placés devant chacune d’elles, voire même à l’intérieur.

    … détente pour les CRS ? 

    Si les forces de l’ordre ont tout d’abord donné une impression de lenteur, leur intervention s’est ensuite révélée rapide et plutôt musclée face à des citoyens pacifistes.

    Tout d’abord postés nombreux à chaque extrémité de l’alignement des tentes, ils tentent de repousser la foule venue soutenir les sans abris.

    Dans le mouvement, un des responsables du Secours Catholique, acculé au muret du quai, perd l’équilibre, goûtant le froid des eaux de la Seine , secouru par les hommes grenouilles de la brigade fluviale de Paris sur le qui-vive.

    Au même moment, une marseillaise entonnée sur les quais, est reprise par les touristes sur les ponts, tandis que les occupants continuent à résister à l’évacuation.

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    Même conviction, même punition : chacun est sévèrement bousculé, que ce soit les frères Legrand ou Jacques Deroo, molesté par un représentant des forces de l’ordre.

    Puis, les CRS ont commencé à couper les liens reliant chaque tente, au fur et à mesure qu’ils délogeaient, avec rudesse, les occupants des quais et jetaient les abris de toile contre le mur avant de les embarquer dans leurs camions.

    ‑ Vous n’avez rien compris ! Leur lance une personne qu’ils bousculent. Nous, on se bat en leur faveur, vous, vous battez contre nous !

    Retenus durant presque une demi-heure sur les quais, le groupe des derniers résistants encadrés par les forces de l’ordre, remontent enfin pour se diriger vers le parvis de la cathédrale pour continuer le mouvement pacifiste et citoyen en faveur des sans abris.

    Deux tentes rescapées sont installées symboliquement devant Notre-Dame, au milieu des personnes réunies.

    Il fallait bien quelques dizaines de CRS pour les confisquer !

    Retournement de situation : la foule les entoure, non pour un lynchage, mais entonne à nouveau la Marseillaise , comme pour leur prouver que cet hymne est celui de toute personne libre.

    Libre de vivre, de manger à sa faim, de se loger décemment, d’avoir un travail, d’obtenir des soins, de dire son indignation, haut et fort.

    Tard dans la soirée, l’action se termine, le rassemblement se dissous, mais, qu’on se le dise, le combat n’est pas fini.

    Liens

    JDD

    http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200750/les-don-quichotte-evacues_79684.html

    L’Express

    http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=60185

    Boursorama

    http://www.boursorama.com/pratique/actu/detail_actu_flash.phtml?&news=4941947

    Le Monde

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33617100@7-37,0.html

    Seniorpalnet

    http://www.seniorplanet.fr/actualite/depeche-afp.071215131613.xzpfuk8v.xml.html

    RTL info http://www.rtlinfo.be/news/article/71325/--Les+Enfants+de+Don+Quichotte+installent+des+tentes+pr%C3%A8s+de+Notre-Dame+de+Paris

    LCI http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,3652451,00-don-quichotte-investissent-parvis-notre-dame-.html RMC http://www.rmc.fr/edito/info/21777/la-police-deloge-les-don-quichotte-a-paris/

    Dailymotion http://www.dailymotion.com/playlist/x9afc_laurent_montmartre_les-enfants-don-quichotte-a-notreda/1

    Rue 89 http://www.rue89.com/2007/12/15/les-don-quichotte-evacues-par-la-police-mais-toujours-determines

     

  • Il assume, nous aussi !

    Chère cliente, cher client,

    Je suis en grève aujourd’hui et je l’assume. Oui, j’assume de devoir vous poser des problèmes dans votre train-train quotidien, j’assume de vous obliger à modifier vos habitudes quotidiennes.

    On m’accuse de vous prendre en otage. Mais vous ai-je enfermés, vous ai-je attachés ? Non, je vous laisse libres. Libres au milieu des contraintes que vous acceptez tous les jours sans vous en plaindre. J’assume pleinement de vous laisser voir vos chaînes, parce que ces chaînes sont aussi les miennes. Parce que moi aussi, je dois faire garder mes gamins quand je commence au petit matin, moi aussi, quand je rentre le soir, j’ouvre ma boite à factures qui naguère s’appelait boite aux lettres, moi aussi je m’affale parfois dans le canapé pour manger docilement la soupe de la télé, car moi aussi, je vis dans cette société. Oui, je l’assume. Comme j’assume les contraintes de mon métier qui me font vivre à part du groupe, qui me font travailler avant vous pour vous emmener bosser et après vous pour vous ramener à la maison. Pour vous emmener dans votre famille passer les fêtes, je ne les passerai pas dans la mienne. Je vous transporte et par définition, mon travail commence là où s’arrête le vôtre, et vice versa.

    Quand j’ai pris la décision de faire ce métier, il y a 15 ans, j’ai pesé le prix de ma mise à l’écart de la vie collective, par les horaires farfelus. Ce prix, je l’ai accepté et j’entends me le faire payer.

    Bien sûr, je ne suis pas le plus mal loti de la terre. Bien sûr, il y a bien pire et bien plus malheureux. Mais doit-on se sentir coupable d’avoir un toit en voyant les sans-abri ? Doit-on se sentir coupable d’avoir un emploi en comptant les chômeurs ? Doit-on se sentir coupable de se défendre ?

    Ma défense, je l’ai préparée. Parce que les résultats des élections de mai ne laissaient aucun doute. Le conflit aurait lieu, historiquement il devait avoir lieu. Où et quand ? Vous avez la réponse aujourd’hui. Parce que, je ne vous le cache pas, Il était encore sur le yacht de Bolloré que je mettais de coté l’argent nécessaire à ce combat. S’il le faut celui prévu pour quelques projets futiles sera utilisé et tant pis si le home cinéma ne vient pas dans mon foyer cette année. Quoi, j’aurais pu me payer un home cinéma et je suis dans la rue ? Et bien ça aussi je l’assume. Et sans aucune honte depuis que j’ai lu que la marque qui commercialise le plus grand écran plasma, un joujou à cent mille euros, visait aussi le marché des particuliers en France. On me donne 2600 euros par mois pour conduire les trains, pas pour acheter mon silence et ma docilité. On trouve au MEDEF des syndicalistes bien mieux lotis ayant toujours une larme à faire couler sur leur sort.

    C’est aussi pour ça que j’assume de faire grève aujourd’hui.

    On m’accuse de ne pas faire preuve de solidarité parce que la réforme est nécessaire et doit être approuvée. A force de lire les rapports du Conseil d’Orientation des Retraites, à force de lire tout ce qui peut me tomber sous les yeux parlant de retraite, du sénat au blog débile, j’ai acquis la conviction que tous cela aurait pu être évité, pour moi comme pour vous, si nos dirigeants avaient préparé ces échéances comme j’ai préparé cette grève.

    On nous a parlé de catastrophe, de faillite, de banqueroute même or n’importe quel économiste honnête vous le dira, en 2000, l’effort prévisible à réaliser, sans rien changer pour les retraites, pour les 40 années à venir était calculé inférieur à celui fourni pendant les 40 années passées. On a montré que le petit bout de la lorgnette, on n’a pas dit que la richesse du pays augmenterait plus vite que cette charge, même dans les pires scénarii. Il y avait ce problème du baby boom ? Et alors, est-ce une raison pour tout mettre à bas alors qu’il suffisait de remplir le fond de réserve des retraites créé en 2002, la seule véritable réforme honnête faite sur le sujet ? Que fait un ménage quand il sait qu’une dépense va venir ? Soit il économise, soit il emprunte, soit il attend et se serre la ceinture le moment venu. C’est cette voie qu’ont choisie nos dirigeants, c’est regrettable mais je suis citoyen et je respecte les suffrages. Alors cette politique qui n’est pas la mienne, je l’assume y compris les conséquences, y compris cette grève.

    Aujourd’hui, je refuse de faire mon travail dans la société parce que j’ai un différent à régler avec cette société. J’utilise un moyen légal, constitutionnel, occasionnant une gêne que j’assume pleinement parce que je suis dans une entreprise qui fait des bénéfices et qui, seule, paye les avantages de mon régime de retraite. Une cotisation patronale supérieure de près de 12% à celle de votre patron, soit environ 500 millions, pour compenser un âge de départ inférieur au vôtre, dans des conditions souvent inférieures aux vôtres d’ailleurs. Le reste ? C’est ce que nous payerions ensemble si nous étions dans le même régime. D’ailleurs la compensation entre régimes bénéficie à 93.7% aux artisans, commerçants, salariés et exploitants agricoles, et en 2015, mon régime ne sera plus bénéficiaire du système mais deviendra contributeur. Ces 12% sont à moi, pas à mon entreprise qui voudrait bien les récupérer. Comme les cotisations patronales, que les patrons appellent volontiers « charges », sont à vous, payant par avance votre droit à la santé ou à la retraite. C’est parce que la seule personne volée dans cette réforme c’est moi, j’assume totalement de réclamer mon dû. On me dit que ce sont finalement les clients qui payent. L’a-t-on dit aussi fort aux clients de Carrefour qui on payé les conditions de fin d’emploi du patron d’alors ? Le dit-on aussi fort de toutes ces retraites chapeaux, primes de départs et autres joyeusetés faites aux dirigeants des grandes entreprises ? Le dit-on aussi fort des avantages d’autres salariés ? A ce dernier titre, il est bon de calculer que 5 années de bonus sur une carrière de 40 ans ne représentent finalement guère plus qu’un mois et demi par ans. Je n’ai jamais eu de treizième mois, l’avantage est-il si exorbitant ?

    Alors j’assume ne pas vouloir perdre ces 12% dans cette réforme qui ne vous apportera rien. Le gain escompté est de l’ordre de 200 millions d’euros par ans. A ce rythme, il faudra 75 ans pour rembourser les 15 milliards de cadeaux fiscaux faits cet été ! Suis-je encore Le privilégié de cette société ?

    Mais plus encore. Cette réforme, comme les précédentes, vous coûtera beaucoup, elle nous coûtera beaucoup à tous. Parce que c’est la solidarité que l’on tue aujourd’hui. Cette solidarité voulue par nos pères au lendemain de la guerre, cette solidarité insupportable pour qui se réclame du libéralisme et du chacun pour soi. Cette solidarité dont le sens profond ne dépasse pas, pour notre gouvernement, la notion de l’aumône dominicale. Mais pour moi elle a un sens, parce qu’elle est profondément humaine. C’est elle, le ciment de notre société. A quoi bon vivre comme les loups où le couple dominant mange en premier et où le dernier mange ce qui reste ? Tous mangent, certes, mais est-ce le modèle que nous voulons pour notre société ? Est-ce l’exemple pour nos enfants ? Ma conviction profonde est que la société humaine ne peut être basée que sur la solidarité, sur l’entraide mutuelle. C’est ce à quoi je crois et c’est pour cela que j’assume ce combat.

    Et je me souviens de 1995. Vous étiez derrière nous à 75% ! Autre époque où nous portions l’espoir, où l’on a vu des personnes venir apporter une journée de salaire dans notre caisse de grève en nous demandant de faire la grève pour eux. La grève ce n’est pas mon métier. J’assume d’avoir laisser tomber cet espoir faute de pouvoir le porter seul. J’assume aujourd’hui de me battre d’abord pour moi, règle première de cette société libérale que je veux combattre. C’est paradoxal ? Oui, mais j’assume ce paradoxe parce que vous ne m’aimez plus aujourd’hui et que cette désaffection est le fruit d’un combat que vous n’avez pas voulu mener, croyant à tort que je le ferais pour vous. Nos père se sont battus, certains sont morts, pour nos congés, nos retraites, notre santé et pour bien d’autres choses encore. Qui se souvient aujourd’hui du prix payé par eux pour nos avantages de salariés de pays riche ?

    Certains perdront leur boulot paraît-il. Mais qui est assez stupide pour m’accuser moi et laisser en paix cette crevure de directeur du personnel qui utilisera cyniquement cet alibi, ce sous-homme incapable de considérer son prochain comme son égal dans la difficulté ? Et bien, oui, j’assume de fournir cet alibi fallacieux à cette personne qui ne devrait rien avoir à faire dans la société des hommes.

    Il n’y a pas si longtemps, nous, cheminots, avions un slogan plein d’avenir, nous voulions partager le progrès pour tous. Souvenez-vous : « Le progrès ne vaut… » Où est-il ce progrès, aujourd’hui où l’Homme de ce siècle a enfermé sa liberté dans une télé et un portable ? Où l’on vante les soi-disant mérites du libéralisme sans parler de ses inconvénients comme la précarité ? Où l’on détruit l’avenir de nos enfants en oubliant les combats de nos pères ? Où l’on brade notre société solidaire pour peu qu’on nous fiche la paix ? Où est-il le progrès aujourd’hui ?

    J’assume tout cela, chère cliente, cher client, j’assume tout.

    Durail

  • Déconstruction sociale !

    Sondage : l'échec des actions de Nicolas Sarkozy

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    Sondage : l'échec des actions de Nicolas Sarkozy
    Six mois après son élection, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir convaincu les Français. Ses actions en matière économique et sociale sont sévèrement jugées. 79 % des personnes interrogées jugent que le président de la République a échoué sur le pouvoir d’achat, selon un sondage LH2 pour Libération. 54% estiment que ses réformes fiscales sont « un échec », de même que 56% en matière d’emploi et 59% sur la croissance économique.
    Le bilan est négatif même chez les sympathisants UMP qui dressent à 69% un constat d’échec. Les ouvriers (82%) comme les cadres (79%) sont une majorité à ne pas être satisfaits de son action.

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