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sarkozy - Page 6

  • Tomorrow England

    a505d808422b4910ee3eb96378d49ea1.jpg Il y a cinq ans fermait Sangatte et depuis presque rien n'a changé.

    Ces cinq ans, ce furent cinq ans d'humiliation et de traque, cinq ans de peine, cinq ans de violation des droits humains. Les autorités détournent toujours la tête, les habitants appelent toujours les migrants "kosovars", tandis que la police perpétue encore et toujours ses incessantes rafles du matin au soir. Les bénévoles eux, sont fatigués, mais continuent ce qu'ils estiment être juste : soutenir, aider, lutter, agir pour les migrants.

    A midi les exilés de Calais se bousculent autour de la cabina où les associations ont du mal à fournir suffisamment de repas pour tous.

    Le sixième hiver approche et près de 300 migrants s'apprêtent à dormir ce soir dans les bois de la zone des Dunes et les parcs de la ville. J'y suis allé, j'ai vécu trois semaines avec eux le jour comme la nuit, et depuis les migrants de Calais sont devenus une partie de moi.

    Je ne peux plus envisager de voir passer un mois sans aller là-haut regarder ce qu'il s'y passe. Ce récit, c'est eux, c'est moi, c'est une insulte à notre bonne conscience.

    Cédric Domenjoud (né le 01 septembre 1985 à Troyes) est étudiant licencié d'histoire et prépare le concours d'entrée à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. ( son blog http://dissidence.over-blog.org/ )

    A paraitre début janvier 2008

    150 pages - 15 €uros

  • Il assume, nous aussi !

    Chère cliente, cher client,

    Je suis en grève aujourd’hui et je l’assume. Oui, j’assume de devoir vous poser des problèmes dans votre train-train quotidien, j’assume de vous obliger à modifier vos habitudes quotidiennes.

    On m’accuse de vous prendre en otage. Mais vous ai-je enfermés, vous ai-je attachés ? Non, je vous laisse libres. Libres au milieu des contraintes que vous acceptez tous les jours sans vous en plaindre. J’assume pleinement de vous laisser voir vos chaînes, parce que ces chaînes sont aussi les miennes. Parce que moi aussi, je dois faire garder mes gamins quand je commence au petit matin, moi aussi, quand je rentre le soir, j’ouvre ma boite à factures qui naguère s’appelait boite aux lettres, moi aussi je m’affale parfois dans le canapé pour manger docilement la soupe de la télé, car moi aussi, je vis dans cette société. Oui, je l’assume. Comme j’assume les contraintes de mon métier qui me font vivre à part du groupe, qui me font travailler avant vous pour vous emmener bosser et après vous pour vous ramener à la maison. Pour vous emmener dans votre famille passer les fêtes, je ne les passerai pas dans la mienne. Je vous transporte et par définition, mon travail commence là où s’arrête le vôtre, et vice versa.

    Quand j’ai pris la décision de faire ce métier, il y a 15 ans, j’ai pesé le prix de ma mise à l’écart de la vie collective, par les horaires farfelus. Ce prix, je l’ai accepté et j’entends me le faire payer.

    Bien sûr, je ne suis pas le plus mal loti de la terre. Bien sûr, il y a bien pire et bien plus malheureux. Mais doit-on se sentir coupable d’avoir un toit en voyant les sans-abri ? Doit-on se sentir coupable d’avoir un emploi en comptant les chômeurs ? Doit-on se sentir coupable de se défendre ?

    Ma défense, je l’ai préparée. Parce que les résultats des élections de mai ne laissaient aucun doute. Le conflit aurait lieu, historiquement il devait avoir lieu. Où et quand ? Vous avez la réponse aujourd’hui. Parce que, je ne vous le cache pas, Il était encore sur le yacht de Bolloré que je mettais de coté l’argent nécessaire à ce combat. S’il le faut celui prévu pour quelques projets futiles sera utilisé et tant pis si le home cinéma ne vient pas dans mon foyer cette année. Quoi, j’aurais pu me payer un home cinéma et je suis dans la rue ? Et bien ça aussi je l’assume. Et sans aucune honte depuis que j’ai lu que la marque qui commercialise le plus grand écran plasma, un joujou à cent mille euros, visait aussi le marché des particuliers en France. On me donne 2600 euros par mois pour conduire les trains, pas pour acheter mon silence et ma docilité. On trouve au MEDEF des syndicalistes bien mieux lotis ayant toujours une larme à faire couler sur leur sort.

    C’est aussi pour ça que j’assume de faire grève aujourd’hui.

    On m’accuse de ne pas faire preuve de solidarité parce que la réforme est nécessaire et doit être approuvée. A force de lire les rapports du Conseil d’Orientation des Retraites, à force de lire tout ce qui peut me tomber sous les yeux parlant de retraite, du sénat au blog débile, j’ai acquis la conviction que tous cela aurait pu être évité, pour moi comme pour vous, si nos dirigeants avaient préparé ces échéances comme j’ai préparé cette grève.

    On nous a parlé de catastrophe, de faillite, de banqueroute même or n’importe quel économiste honnête vous le dira, en 2000, l’effort prévisible à réaliser, sans rien changer pour les retraites, pour les 40 années à venir était calculé inférieur à celui fourni pendant les 40 années passées. On a montré que le petit bout de la lorgnette, on n’a pas dit que la richesse du pays augmenterait plus vite que cette charge, même dans les pires scénarii. Il y avait ce problème du baby boom ? Et alors, est-ce une raison pour tout mettre à bas alors qu’il suffisait de remplir le fond de réserve des retraites créé en 2002, la seule véritable réforme honnête faite sur le sujet ? Que fait un ménage quand il sait qu’une dépense va venir ? Soit il économise, soit il emprunte, soit il attend et se serre la ceinture le moment venu. C’est cette voie qu’ont choisie nos dirigeants, c’est regrettable mais je suis citoyen et je respecte les suffrages. Alors cette politique qui n’est pas la mienne, je l’assume y compris les conséquences, y compris cette grève.

    Aujourd’hui, je refuse de faire mon travail dans la société parce que j’ai un différent à régler avec cette société. J’utilise un moyen légal, constitutionnel, occasionnant une gêne que j’assume pleinement parce que je suis dans une entreprise qui fait des bénéfices et qui, seule, paye les avantages de mon régime de retraite. Une cotisation patronale supérieure de près de 12% à celle de votre patron, soit environ 500 millions, pour compenser un âge de départ inférieur au vôtre, dans des conditions souvent inférieures aux vôtres d’ailleurs. Le reste ? C’est ce que nous payerions ensemble si nous étions dans le même régime. D’ailleurs la compensation entre régimes bénéficie à 93.7% aux artisans, commerçants, salariés et exploitants agricoles, et en 2015, mon régime ne sera plus bénéficiaire du système mais deviendra contributeur. Ces 12% sont à moi, pas à mon entreprise qui voudrait bien les récupérer. Comme les cotisations patronales, que les patrons appellent volontiers « charges », sont à vous, payant par avance votre droit à la santé ou à la retraite. C’est parce que la seule personne volée dans cette réforme c’est moi, j’assume totalement de réclamer mon dû. On me dit que ce sont finalement les clients qui payent. L’a-t-on dit aussi fort aux clients de Carrefour qui on payé les conditions de fin d’emploi du patron d’alors ? Le dit-on aussi fort de toutes ces retraites chapeaux, primes de départs et autres joyeusetés faites aux dirigeants des grandes entreprises ? Le dit-on aussi fort des avantages d’autres salariés ? A ce dernier titre, il est bon de calculer que 5 années de bonus sur une carrière de 40 ans ne représentent finalement guère plus qu’un mois et demi par ans. Je n’ai jamais eu de treizième mois, l’avantage est-il si exorbitant ?

    Alors j’assume ne pas vouloir perdre ces 12% dans cette réforme qui ne vous apportera rien. Le gain escompté est de l’ordre de 200 millions d’euros par ans. A ce rythme, il faudra 75 ans pour rembourser les 15 milliards de cadeaux fiscaux faits cet été ! Suis-je encore Le privilégié de cette société ?

    Mais plus encore. Cette réforme, comme les précédentes, vous coûtera beaucoup, elle nous coûtera beaucoup à tous. Parce que c’est la solidarité que l’on tue aujourd’hui. Cette solidarité voulue par nos pères au lendemain de la guerre, cette solidarité insupportable pour qui se réclame du libéralisme et du chacun pour soi. Cette solidarité dont le sens profond ne dépasse pas, pour notre gouvernement, la notion de l’aumône dominicale. Mais pour moi elle a un sens, parce qu’elle est profondément humaine. C’est elle, le ciment de notre société. A quoi bon vivre comme les loups où le couple dominant mange en premier et où le dernier mange ce qui reste ? Tous mangent, certes, mais est-ce le modèle que nous voulons pour notre société ? Est-ce l’exemple pour nos enfants ? Ma conviction profonde est que la société humaine ne peut être basée que sur la solidarité, sur l’entraide mutuelle. C’est ce à quoi je crois et c’est pour cela que j’assume ce combat.

    Et je me souviens de 1995. Vous étiez derrière nous à 75% ! Autre époque où nous portions l’espoir, où l’on a vu des personnes venir apporter une journée de salaire dans notre caisse de grève en nous demandant de faire la grève pour eux. La grève ce n’est pas mon métier. J’assume d’avoir laisser tomber cet espoir faute de pouvoir le porter seul. J’assume aujourd’hui de me battre d’abord pour moi, règle première de cette société libérale que je veux combattre. C’est paradoxal ? Oui, mais j’assume ce paradoxe parce que vous ne m’aimez plus aujourd’hui et que cette désaffection est le fruit d’un combat que vous n’avez pas voulu mener, croyant à tort que je le ferais pour vous. Nos père se sont battus, certains sont morts, pour nos congés, nos retraites, notre santé et pour bien d’autres choses encore. Qui se souvient aujourd’hui du prix payé par eux pour nos avantages de salariés de pays riche ?

    Certains perdront leur boulot paraît-il. Mais qui est assez stupide pour m’accuser moi et laisser en paix cette crevure de directeur du personnel qui utilisera cyniquement cet alibi, ce sous-homme incapable de considérer son prochain comme son égal dans la difficulté ? Et bien, oui, j’assume de fournir cet alibi fallacieux à cette personne qui ne devrait rien avoir à faire dans la société des hommes.

    Il n’y a pas si longtemps, nous, cheminots, avions un slogan plein d’avenir, nous voulions partager le progrès pour tous. Souvenez-vous : « Le progrès ne vaut… » Où est-il ce progrès, aujourd’hui où l’Homme de ce siècle a enfermé sa liberté dans une télé et un portable ? Où l’on vante les soi-disant mérites du libéralisme sans parler de ses inconvénients comme la précarité ? Où l’on détruit l’avenir de nos enfants en oubliant les combats de nos pères ? Où l’on brade notre société solidaire pour peu qu’on nous fiche la paix ? Où est-il le progrès aujourd’hui ?

    J’assume tout cela, chère cliente, cher client, j’assume tout.

    Durail

  • Déconstruction sociale !

    Sondage : l'échec des actions de Nicolas Sarkozy

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    Sondage : l'échec des actions de Nicolas Sarkozy
    Six mois après son élection, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir convaincu les Français. Ses actions en matière économique et sociale sont sévèrement jugées. 79 % des personnes interrogées jugent que le président de la République a échoué sur le pouvoir d’achat, selon un sondage LH2 pour Libération. 54% estiment que ses réformes fiscales sont « un échec », de même que 56% en matière d’emploi et 59% sur la croissance économique.
    Le bilan est négatif même chez les sympathisants UMP qui dressent à 69% un constat d’échec. Les ouvriers (82%) comme les cadres (79%) sont une majorité à ne pas être satisfaits de son action.

  • Récit de voyage ! Calais au pays des apatrides...

    ...medium_untitled.JPGJe suis de retour après trois semaines passées avec les migrants de Calais. De plus en plus sensible à la question de l'immigration, des mouvements de populations, des flux de réfugiés, je m'étais mis dans la tête que je ne pouvais pas décemment étudier à 30 minutes d'un lieu où passent tous les migrants en route pour l'Angleterre sans aller ne serait-ce qu'y faire un petit tour...

    J'y suis donc allé en mars pour une seule et unique journée, inutile aller-retour digne de ces journalistes de la presse à gros tirage, qui ne permet absolument pas de comprendre, ni même réellement de voir ou de se rendre un minimum compte de ce que vivent les migrants là haut. Frustré par cette visite éclair, j'ai finalement décidé d'y retourner après mes examens de fin d'année, dans l'idée d'y rester une semaine entière. Au final, j'y serais resté quasiment trois semaines !

    De cette expérience, que je juge encore trop courte, j'ai appris beaucoup, et même plus que je n'aurais cru, sur la situation française en terme d'immigration. J'ai surtout appris à détester ce pays et ce continent qui m'ont vu naître et qui bafouent aussi allègrement les droits de l'homme. Ayant pris un certain nombre de photos et filmé mes journées avec les migrants, je ne vous livrerai ici qu'une brêve analyse, puisque je destine mon récit dans son intégralité à "Les Points sur les i éditions."

    François Legeait, un photographe indépendant avec qui il m'a été donné de discuter et de garder contact, avait publié en 2005 un petit livre aux Editions de Juillet qui s'intitulait "Destins Clandestins". Il y racontait son expérience avec les migrants, trois ans après la fermeture du camp de Sangatte par Nicolas Sarkozy. La situation était alors intenable : les migrants arrivaient toujours en masse et tentaient tant bien que mal de trouver où dormir, sous les ponts, dans les bois, dans les parcs et même dans les écluses... Traqués par la police, gazés, frappés, on détruisait leurs abris, parfois par le feu. Humiliés en permanence, ils ne trouvaient le réconfort qu'auprès des associations qui leur distribuaient nourriture, soins et vêtements : Salam, le Secours Catholique, le collectif C'Sur.

    Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ? Pour ainsi dire pas grand chose. On voit moins de migrants à Calais, parce que tout est fait pour les disperser en continu à travers tout le pays, mais le nombre de migrants qui passent par la ville n'a pour ainsi dire diminué que dans les statistiques officielles. Ce qui a changé, c'est qu'on en parle moins. Ce qui a changé, c'est que les migrants se sont désormais presque tous repliés dans les bois avoisinant la zone industrielle des Dunes, classée Seveso, bien à l'éccart de la population calaisienne.

    Non content de ne plus les voir dans les rues du centre-ville, les autorités voudraient maintenant leur construire un centre d'accueil à côté de leur "jungle", pour s'assurer qu'ils ne viendront plus du tout aux abords de la ville où aujourd'hui encore ils vont à la rencontre des associations pour les repas. Beaucoup de bénévoles des asso, pas dupes, sont résolument contre cette idée. Les autres sont bien souvent empêtrés dans les luttes de pouvoir, motivés avant tout par leur bonne charité chrétienne et généralement incapables de communiquer avec les migrants...

    Sarkozy est contre aussi, parce qu'il y voit un nouveau Sangatte et ne peut se résoudre à ce que la question soit de nouveau abordée et donc diffusée au grand public. Les usines chimiques Tioxide et Ucar ne sont pas plus favorables, étant plutôt hostiles à la présence des migrants qui sont comme autant de témoins gênant de leur polution et s'accrochent sous leurs propres camions pour tenter de passer en Angleterre.

    Pour ma part, ayant vu avec quel cynisme et quel dédain la police s'en prend à ces migrants, je ne peux que m'opposer fortement à la concentration des migrants en un lieu déserté de la population, où la police pourrait s'en donner à coeur-joie pour mener à l'abri des regards son ignoble farandole de raffles !

    Qu'ai-je retenu de Calais ?
    J'ai passé mes journées avec eux, j'ai dormi avec eux, j'ai pour ainsi dire consacré ces trois semaines à me mettre dans leur situation autant qu'il me l'était permis, alors ce que j'en retiens, c'est que ces migrants, majoritairement âgés de 15 à 30 ans, sont pour moi comme des frères. On a le même âge et il ont un désir d'intégration, un désir de travail, un désir de tendresse qu'il ne m'a pas été donné d'observer à ce point chez les jeunes d'ici. Leurs regards sont souvent profondément généreux et leurs paroles sont comme autant de coup de couteau dans la conscience de l'occident : ils ont fui la mort, il ont fui l'oppression, ils ont fui la misère que NOUS leur avons apporté depuis des siècles et des siècles de colonisation, d'impérialisme, de spoliation et de mépris. Nous avons la responsabilité d'avoir armé les taliban, nous avons la responsabilité de sucer les ressources naturelles de leurs pays, nous avons la responsabilité de laisser se faire les massacres du Darfour pour ne pas heurter les intérêts chinois, nous avons la responsabilité d'avoir toujours préféré défendre nos intérêts économiques plutôt que le respect de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme...

    Ces jeunes, ils ont sur le corps les traces visibles de nos erreurs ! Ils m'ont montré leurs mains ouvertes, leurs pieds et leurs jambes erraflés, leurs bleus et même les blessures dues aux guerres que nous soutenons contre eux dans leurs pays... Ils m'ont parlé de leurs espoirs, de leurs rêves. Si vous saviez comme ils sont simples comparés aux rêves ambitieux de ma génération ! Leur défaut, c'est d'être nés dans le mauvais pays, du mauvais côté du globe. Et ici, on continue de leur faire payer en les humiliant, en les traquant matraques à la main et chiens en laisse...

    J'ai eu l'occasion en dormant avec eux de me réveiller avec les incursions de police du matin au soir, des CRS, de la PAF comme de la police nationale qui n'a sans doute pas réellement un mandat pour mener ce genre d'opérations. Mais la PAF n'a pas assez d'éffectifs, vous comprenez... Les policiers qui interviennent à Calais changent tout le temps, pour ne pas subir le contre coup affectif de leur sale boulot. Quand j'y étais, ils venaient de Moselle...
    Chaque jour, ils les attrapent après les avoir poursuivis dans les épines ou sur les bords de routes, les collent dans leur camionnette blanche banalisée, puis les emmènent à Coquelle, un centre de rétention quasi clandestin à la sortie du Terminal transmanche. Après, soit ils les relâchent après leur avoir donné un papier sans valeur les invitant à quitter le territoire, soit ils les gardent une journée entière dans leurs cellules exigüe et inadéquates, soit ils les expédient ailleurs à l'autre bout de la France ou dans le premier pays européen où ils sont arrivés. La police sait pourtant pertinement qu'ils vont revenir, mais il faut tout faire pour que les migrants ne soient plus jamais autant à Calais au même moment comme du temps de Sangatte.

    Quand ce n'est pas la police, ce sont les chauffeurs de camions ou les passeurs qui leur mènent la vie dure. S'ils n'ont pas les 300 à 1500 euros pour payer les passeurs, ils n'ont que très peu de chance de réussir leur passage. Alors ils essayent seuls et restent des mois. C'est tout un système, la police connaît très bien les passeurs, il faut cesser de nous faire croire que la police est ignorante. Les passeurs sont généralement les plus propres, parce qu'ils ne dorment pas dans la jungle avec les autres. Et puis souvent ils sont kurdes. Etonnement, les kurdes sont loin d'être le peuple le plus hostile vis-à-vis de l'occident et de ses moeurs... à méditer ! Seulement voila, si la police stoppait vraiment les migrations vers l'Angleterre, comment voudriez-vous que la main d'oeuvre des entreprises britanniques soit alimentée ? Où va l'argent donné aux passeurs ? Aux agents de sécurité privés du port ? Aux chauffeurs de camions ? A qui d'après vous ? Il suffit de regarder à quel point le port est une citadelle infranchissable pour comprendre qu'il y a une faille quelque part : ceux qui passent font partie d'une immigration "choisie". C'est un grand jeu de dupes, dans lequel on joue avec la vie des migrants. Quand quelqu'un se met en travers du chemin des passeurs, il n'est pas rare qu'il aperçoive la lueur d'un canif. Les chauffeurs aussi se permettent des choses sans nom : durant ma première semaine, trois migrants ont reçu sous le camion un jet d'eau bouillante, avant que l'un d'eux ne se fasse tabasser par quelques routiers malvenants. Non, les migrants ne jouent vraiment pas, ils ont une vie de merde...

    Cedric sur Dissidence

  • Guy Moquet

    medium_b24b6710ceb934f1dd60531cb67ef155.jpg Rendons à Guy ce qui appartient à Moquet ! :

    Albert Ouzoulias Les Bataillons de la Jeunesse, Éditions Sociales, 1972 (Epuisé mais trouvable encore chez les bouquinistes )

    Notre ami Pierre-Louis Basse, journaliste à Europe 1 a écrit en 2000 une magnifique bio de Moquet : Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2000 (Rééditée et complétée en 2007 )

    Et la plus récente : Michel Etiévent, J'aurais voulu vivre..., éditions Gap, 2007

     La dernière lettre de Moquet à sa famille avant d'être fusillé avec 26 autres Camarades.

    Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
    Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
    J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
    A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
    17 ans et demi ! Ma vie a été courte !
    Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
    Je vais mourir avec Tintin, Michels 
    Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant.
    Courage !
    Votre Guy qui vous aime

    Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

    Le coup de gueule de Sébastien...   http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/20/vous-sentez-comme-ca-pue1.html#comments

  • Jacques Martin et Nicolas

    medium_Jacques-Martin.jpg

    C'est "volé" chez Fontenelle qui lui-même l'a emprunté chez http://maester.over-blog.com/ mais pour la bonne cause...

    Tu vois Val t'es pas si bien que tu le dis ... pour ta "une" de Charlie et Cabu, c'est pas beaucoup mieux.

    Sébastien, merci pour cette info passée...

  • De l'identité nationale au test ADN...

    medium_Loto.2.jpg
    La différence entre l'extrême droite et la droite, c'est la différence entre une arrière-pensée et une pensée.

  • Plaidoyers pour l'immigration, ouvrons nos frontières !!!!

    (Plaidoyers pour l'immigration aux éditions Les Points sur les i), l'auteur démonte un à un tous les arguments de tous ceux qui mettent des barrages à l'entrée des étrangers qui souhaitent venir travailler chez nous.

    Il n'est pas vrai que les immigrés prennent le travail des Français, il n'est pas vrai non plus qu'ils coûtent particulièrement cher à nos systèmes sociaux. Et quant aux difficultés d'intégration, elles relèvent plus du fantasme que d'autre chose : les difficultés, lorsque difficultés il y a, concernent d'abord des jeunes gens nés et élevés ici, des jeunes français, donc, qui sont, par définition, intégrés.

    Cette déconstruction du discours anti-immigrés est nécessaire tant il est massif et dominant. Mais au delà, on peut développer toute une série d'arguments qui montrent que nous aurions tout intérêt à laisser nos frontières ouvertes.

    Cinq types d'arguments peuvent, je crois, être avancés en ce sens :


    Le premier tourne autour de la sécurité. La fermeture des frontières n'empêche pas l'arrivée de travailleurs étrangers, mais elle les force à entrer de manière calndestine, ce qui a trois effets : - cela conduit au développement de mafias spécialisées dans le passage de frontières. Le chiffre d'affaires de ces mafias, qui ont partie liée avec les trafiquants de drogue et d'armes, est considérable. Et plus le passage des frontières est difficile, plus il progresse, - elle favorise le développement de la délinquance fiscale (les salariés clandestins travaillent au noir dans des entreprises qui ne les déclarent pas et vendent leurs produits à des commerces qui eux-mêmes ne déclarent pas tous leurs revenus), - elle entretient tout un secteur qui ne respecte pas les droits sociaux élémentaires et viole en permanence le code du travail.

    Laisser les frontières ouvertes ferait immédiatement tomber ces mafias et faciliterait la lutte contre la fraude fiscale et contre les violations répétées du droit du travail. Ce dont nous serions tous bénéficiaires.

    Le second argument relève du marché du travail. On sait qu'il fonctionne mal, que les entrepreneurs ne trouvent pas les salariés dont ils ont besoin, que ceux-ci soient qualifiés ou pas : l'ouverture des frontières permettrait de piocher dans un marché beaucoup plus vaste et de trouver plus facilement les personnels dont on a besoin.

    Le troisième argument se situe à la jonction entre marché du travail et marché de l'innovation. Lorsqu'ils sont diplômés, les travailleurs immigrés ont un handicap réel : ils maîtrisent mal la langue, ont des diplômes qui ne sont pas toujours acceptés. Ils doivent donc mettre leurs compétences, leur savoir-faire au service d'activités que des professionnels autochtones négligent. Or, ce sont ces "pas de coté" qui sont à l'origine de la plupart des innovations. Le succès d'Israel dans le domaine des biotechnologies tient, pour beaucoup, à la présence d'un très grand nombre de médecins formés en Russie qui ne peuvent exercer la médecine, faute de maîtriser parfaitement l'hébreu, mais qui peuvent utiliser leurs compétences dans de nouveaux domaines.

    Le quatrième argument tient à la création de liens commerciaux avec les pays d'origine. Les immigrés ne coupent pas tout lien avec leur pays d'origine. Ils sont souvent les mieux armés pour créer des relations commerciales entre pays. Lorsque ces pays connaissent un fort développement, comme c'est aujourd'hui le cas de la Chine ou de l'Inde, l'existence de ces liens favorise les relations commerciales et les échanges dont tout le monde profite.
    Enfin, et c'est le cinquième argument, l'ouverture des frontières devrait rapidement contribuer à réduire les inégalités entre pays riches et pays pauvres. C'est ce qui s'est produit au début du 19ème siècle, lors de la première phase de mondialisation. C'est ce qui se produirait si l'on ouvrait aujourd'hui les frontières. Deux mécanismes devraient contribuer à cela : - pour éviter que l'ouverture de nos frontières n'entraîne une trop rapide fuite des bras et des cerveaux, les pays d'origine (et les industriels qui y sont installés!) auront intérêt à réduire les écarts, à augmenter les salaires, à rapprocher les systèmes sociaux (alors qu'aujourd'hui, c'est tout le contraire!), - l'amélioration des conditions de vie dans les pays de départ favorisera le retour des cerveaux qui pourront contribuer au développement de ces pays.


    On le voit de nombreux arguments militent en faveur d'une ouverture aussi complète que possible de nos frontières. S'ils sont aujourd'hui encore peu connus, ils ne sont pas sans rappeler ceux avancés pour justifier la levée des obstacles au commerce des biens.

    Bernard Girard

    Philosophe de formation, Bernard Girard suit depuis quelques années de très près les développements de la théorie économique.

    Auteur de plusieurs articles sur les discriminations et l’immigration, il tient une rubrique économique hebdomadaire sur AligreFM 93.1

    ISBN 2-915640-00-9 - 150 X 210 - 214 pages 20 € Commander ? Cliquez sur le lien dessous (livres à lire ) Vos livres vous seront expédiés sous 2 à 4 jours : Dans la lilmite des exemplaires disponibles..

  • Paulo ! Au secours !

    La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant coureur de leur servitude. Jean Paul Marat...

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