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société

  • L'impuissance ...

    1024796830.pngDes peuples sacrifiés pour le compte de qui ? Des guerres entretenues et tout ce cinéma qui va avec. J’en dégueule à l’infini de tant de misères, tant de chagrins, tant de mépris entretenus. Sur les ondes, à l’international, l’uniformisation de l’asservissement se traduit en pages publicitaires où nos sens viennent se perdre. Tout est affaire de consommation, du cul, des armes, de la cochonnaille. Nous vivons à l’ombre de nos compétences repliées dans la valeur d’un travail honoré, sublimé, dans lequel il faut chercher à s’épanouir avec toute la révérence due au rang, à la hiérarchie, à la compétence reconnue.

    Piteuse suffisance dans laquelle nous nous inscrivons avec notre numéro de sécurité sociale, de compte bancaire, avec nos assiettes pleines, nos ventres repus qui accrochent ce qu’il faut d’oubli à nos cerveaux sous perfusion recevant du neurone de secours labellisé chez les cadors d’une presse à la con.

    Des cerveaux même plus capables de regrets puisqu’ils n’ont rien à regretter. Et même si tu cherches bien, dans le fond que trouveras-tu ? Un désir de s’envoyer en l’air, de claquer du pognon, de devenir propriétaire. Tout un lot de conneries qui te tuent son homme plus sûrement que de la javel un microbe. Toutes les directions annoncées le sont avec les certitudes d’un banquier emballées dans le phrasé roublard d’un politicien tenu en respect par les lois du marché.

    Nous vivons dans l’épate avec nos modes qui se chassent et finissent leur carrière quelque part en Afrique où tout finit d’ailleurs, nos vieilles bagnoles, nos médicaments périmés, nos surplus d’invendus, d’invendables et ces vieilles leçons de droit pour finir d’enrichir de vieilles crevures qui ont fait carrière à l’abri du mot.

    De quelle sensibilité sommes-nous faits ? A quelle humanité nous référons-nous ? Je lis les journaux, je reste dubitatif, confondu par ces superpositions de nouvelles qui n’en sont  plus. Des morts par ci, par là, dans la faim, la pauvreté, les conflits organisés. Et tous ces diplomates qui se complaisent dans une courtoisie de principe.

    Des siècles que cela dure au profit d’une minorité à qui il est donné l’art et la manière de diriger son monde. Peu importe l’étiquette, empire, royauté, république, toujours les pauvres qui trinquent à la santé de la direction générale, la laisse autour du cou et le merci en bouche prêt à tomber pour chaque miette ramassée.

    C’est beaucoup plus poli qu’un riche un pauvre, quoi qu’on en dise, c’est éduqué à la dure, ça se forge le caractère à coups de pied au cul et ça moufte pas quand ça tombe. La rigueur, au pauvre, c’est son pain quotidien, sa tasse de thé. Des siècles de rigueur à se serrer la ceinture pour qu’en haut on puisse vivre à ses aises.

    L’argent du pauvre appartient au riche et il le sait bien, le pauvre, qu’il devra le lui rendre, il a pas les moyens de mettre de côté, lui, il ne peut que le claquer son fric parce qu’il faut bien le remplir le frigo et remplir c’est beaucoup dire, une nécessité de fraîcheur et quelques bières tout au plus. On fait dans le discount (et jamais à l’enseigne du bon marché) dans la gamelle jusqu’aux nippes et les connaissances diffusées par les médias qui t’en donnent pour ton argent te rassurent dans ces choix que tu penses être les tiens. Nous dérivons dans notre existence sur des courants insoupçonnés, infoutus de faire le point nous nous laissons porter d’une consommation à une autre, bien heureux de pouvoir consommer dans un pays riche, développé tout autant qu’enveloppé dans l’arrogance de sa puissance cotée en bourse par ses partenaires de jeu.

    Une ribambelle de gamins jouant au foot à la gloire de leurs idoles dans les rues des villes, des villages, partout dans ce monde maudit le sport devient refuge où les déshérités peuvent encore croire en leur chance. Alors on leur en balance des histoires de sportifs issus des ghettos, des cités, ça entretient l’espoir. A l’heure des grandes rencontres ça t’emballe d’un bout à l’autre de toi-même dans des turbulences publicitaires, ça te fixe dans une symbiose clanique de deux fois 45 minutes. Le sport permet d’oublier même le pire et c’est peut-être ce qu’il y a de pire… d’oublier.

    Dans cette démocratie où il m’est permis de la ramener, de clamer mon dégoût et de m’estimer heureux avec ça, je peux cracher autant que je veux à la face de la bourgeoisie, de ces libéraux sans scrupules et cyniques, de cette gauche puante qui se cherche à droite, je crache à blanc et ma liberté d’expression s’arrête aux portes d’un ordre public verrouillées derrière lesquelles il fait bon vivre pour ceux qui en détiennent les clefs.

    A Alain GUILLO pour la chemise mouillée, le sourire du camarade et le verre complice sur le chemin de l’égalité vraie des Hommes où nous marchons ensemble

     

    Salut & fraternité

     

    Paris, le 9 Prairial An CCXV

     Moreau Gilbert

    A  paraître

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