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sorkozy

  • Témoignage

    Une après-midi ordinaire à la bibliothèque du Centre Georges Pompidou. En pause, je devise gaiement avec un ami dont le visage, soudain arbore un air médusé comme si il avait aperçu quelque chose de sensationnel. Je me retourne et suis saisie par une vision pour le moins surprenante. Ceci dit, j’admets que nous sommes à Beaubourg ; paradis des fous, rendez-vous de tous les marginaux originaux, où l’on croise tous les jours le nec plus ultra de la bizarrerie populaire.

    Voici un jeune homme curieusement toiletté. Coiffé d'un chapeau hot de forme, il est vêtu d’une veste queue de pie et d’un gilet assortis. Lavallière soigneusement nouée autour d'un col long, d’une main il tient sa canne africaine, et de l’autre, à la manière d'un Victor Hugo, il tient une pipe fumante. D’où sort-il ? Probablement du théâtre ...?! Il est vrai que nous ne sommes pas loin de la place du Châtelet. Ou alors d’un mariage ? Mais où est donc passée sa promise ? Là, mon fâcheux penchant pour la moquerie me suggère que peut-être s’est-il échappé du cirque.Quoique, avec ses moustaches virevoltantes et son air atypique, il a quelque chose d’un dandy du dix-neuvième… Intriguée, indiscrète, je m’approche et le questionne. Il se présente : W.L.H, étudiant en mathématiques et en philosophie. Curieux assemblage, ne puis-je m’empêcher de penser. Il se dit écrivain,mais surtout, affirme d’un ton certain, être l’Ambassadeur du ghetto et ajoute , avec la meme conviction, qu’il entend débattre avec Nicolas Sarkozy ! Rien que ça....

    Sur ce, je fronce les sourcils. Pour qui se prend-il ? Une telle prétention ne se rencontre qu’à l’asile. Je regarde ses chevilles, ne constate aucune anomalie. Rompu, semble-t-il, à ce type d’examen, il me tend pour toute réponse un manuscrit et s’éloigne d’un pas hautain et bruyant.

    Sans trop savoir pourquoi, je suis déjà un brin agaçée, par cette démarche et ce tintement de canne. Trop d'assurance, pour ne pas dire arrogance. J’examine le document, et suis, dans un premier temps, surprise par son écriture qui prolonge l'esthétisme de sa personne: une soyeuse calligraphie. La première page, accompagnée d’une photographie teintée de narcissisme , débute sur ces phrases introductives : « Lorsque l’on pense aux Etats-Unis on pense aussi à Malcolm X, lorsque l’on pense à l’Afrique du sud on pense aussi à Nelson Mandela, lorsque l’on pensera à la France, on pensera aussi, pour sûr, à W.L.H l’Ambassadeur du ghetto….car l’Histoire est ainsi faite!! C’est dit. Ni rappeur, ni slameur, il est radicalement autre : dandy écrivain. Ce fantasque damoiseau soutient être le métaphysicien de la sous-France. Il ajoute ,non sans assurance, être en mesure de débattre avec Nicolas Sarkozy sur la question du traitement à allouer aux banlieues. Pis, il le met au défi. La vérité se prouve, mais surtout elle se vérifie. »

    Je m’en vais donc vérifier et entame la lecture… C’est un chamboulement théorique auquel je suis soumise. France/sous-France, chômage de classe/chômage de race, glissement de classe, révolte sociale, « j’accuse, je reconnais », désunion/union nationale, identité ghetto, déconstruction/reconstruction identitaire, idée du Beau, aimer la France, faire table rase de l’histoire, fait social, télécratie…

    Un torrent d’idées choc et de concepts novateurs,le tout agrémenté de citations et autres proverbes pertinents. Un bouleversement, une plume saisissante. Un séisme intellectuel qui a brisé mon scepticisme et qui m’a sonnée, abasourdie, interloquée.

    Pascal Sevran, Doc Gynéco, la tribu Ka, Diabledonné; en somme, quelques unes des marionnettes du crétinisme sont, au passage, raillées, à des degrés divers, dans une diatribe insolente, impitoyable à l’égard de l’inintelligence. W.L.H décortique les fondements du ghetto, la souffrance qui lui y est inhérente et y apporte des solutions concrètes. En résumé, il préconise, pour les jeunes du ghetto, la déconstruction de l’identité ghetto qui serait le résultat d'un fait social Durkheimien, pour amener à la reconstruction d’une identité à Soi. Celle-ci permettrait à chacun d’être ce qu’il est et non pas celui que la Rue a voulu qu’il soit. Il baptise cette initiative la Renaissance identitaire !!! De sus, W.L.H persuade que l’on peut transcender le racisme, articulé autour des représentations sociales ( stéréotypes, préjugés...) , grâce au port sur soi-même de l’idée du Beau, tant physique, intellectuel que moral. Il en est l’illustration. C’est ce qu’il qualifie de Blackdandysme.

    Après lecture de son ouvrage, on saisit mieux l’impact de son double cursus : au fil des pages, rigueur de la logique et profondeurs des idées sont entrelacées.  Lorsqu’on le voit, on lui devine une certaine finesse.  Lorsqu’on le lit, on sait être face à un génie!! La plume incisive, le talent rhétorique, la verve et l’aplomb offerts en prime.

    L'évidence m'assomme l'esprit, il est le porte-parole du ghetto. Il en est le véritable Ambassadeur. C’est en sa qualité de diplomate, averti et téméraire mais aussi fort de son casier judiciaire (quatre incarcérations, entres autres), qu’il appelle Nicolas Sarkozy au débat. Mieux encore, il le convoque.
    L’idée de ce duel ne me parait plus fantaisiste. W.L.H en a l’envergure et le charisme. Pour le candidat à l’élection présidentielle, deux seules issues possibles : le courage ou la fuite.

    Olivia Nloga

     

    Les flammmes de la révolte, à paraître prochainement !

     

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