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  • Vêtements d'Hiroshima

    Quelques mots sur une exposition récente à la galerie municipale.

    Celle de Michel Aguilera, photographe, qui à partir d’images de vêtements ayant appartenus à des personnes victimes des bombardements atomiques américains sur le Japon, reconstitue avec une humilité et simplicité toute la beauté d’une ignoble horreur.

    Il a réalisé ses prises de vue à partir d’un appareil artisanal en bois avec le procédé dit du calotype.  Une technique qui remonte à la naissance de la photographie et qui consiste en une impression directe sur papier photographique avec des temps d’exposition de plusieurs secondes.

     

    «Ce dispositif particulier, écrit-il, comparable à un rituel s’est imposé à moi pour sa lenteur suscitant le respect et le recueillement. La modification assez inattendue du rendu photographique, par l’accentuation des contrastes et la transformation des couleurs, m’inspirait les effets imprévisibles des radiations atomiques comme révélant l’irradiation même des victimes».

     

    Chemise, pantalon, robe s’agranent sous nos yeux, tachés de sang ou maculés de traces de brûlé, de charbon. Ces vêtements tachés exposés comme en vitrine d’un prêt à porter de la mémoire, soulignés de petits textes courts précisant ce que fut la vie et la mort des corps qui les portaient lorsque la bombe explosa sur Hiroshima, sont d’une implacable réalité. Visitant l’exposition un dimanche, écoutant les réflexions d’enfants, accompagnés de leurs parents, devant ce déroulé de l’indicible devenu voyant et évident, je pensais à la campagne « nos villes ne sont pas des cibles » lancée par le réseau mondial des Maires pour la Paix, Majors for Peace.

     

    L’abomination actuelle de l’arsenal nucléaire est, sans fioriture ni discours au coeur même du travail de Michel Aguilera et à notre portée : le quotidien, le risque permanent de l’anéantissement civil.

    Dominique Vétillard

    Exposition d'oeuvres d'art :

    30 Tirages photographique originaux (Calotypes) 40X60  - Contre collage PVC  - Plastification  - Caisse de transport

     

    Location  : Semaine, quinzaine, mois...

    Assurance obligatoire, transport en sus. Demande de tarifs, nous consulter, à partir de 1000 €uros HT.1412932114.jpg

     

     

     

     

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  • Vêtements d'Hiroshima

    173230824.jpg D’abord, en 1997 il y eut une série de photographies intitulées "Suaires" ayant pour sujet des vêtements abandonnés que je ramassais dans les décharges, puis, que je photographiais en studio par le procédé dit du calotype.
    Par cette série d'images, j’entendais alors témoigner de la consommation de masse dans ses excès, et au-delà évoquer le drame de la disparition.


    Ce drame de la disparition et de la mort brutale me hantait dans ce sujet, comme une émanation inévitable du vêtement abandonné.
    J’allais découvrir, en préparant le voyage au Japon, qu’il existait des reliques de l’holocauste nucléaire, ces tristes souvenirs conservés au Peace Memorial Museum, et dont nous vîmes la collection lors de notre visite de 2005.

    Un lien se tissait avec mes “Suaires”, je ressentais le besoin de photographier ces intimes signes du corps des victimes d’Hiroshima, je voulais transmettre cette souffrance transposée dans la trace des tissus.
    Les vêtements des victimes de l’explosion m‘apparurent comme ces fossiles que l’on découvre enfouis, renfermant les sensations de ce qui a été vécu dans la chair, la douleur, l’impuissance, la honte...

    En photographiant ces vêtements du malheur, j’ai voulu faire un relais de mémoire, sensible, présent, comme les voix des survivants qui racontent encore et toujours sans cesse, ce souvenir brûlant du feu nucléaire, cet instant programmé de l’enfer venu du ciel.

    Vêtements d'Hiroshima, la technique...


     La prise de vue a été réalisée à partir d’un appareil de fabrication artisanale en bois, avec le procédé dit du calotype.
    Cette technique photographique remonte aux débuts de la photographie vers 1840, c’est une méthode qui consiste-en une impression directe sur papier photographique avec des temps d’expositions de plusieurs secondes.

    Ce dispositif particulier, comparable à un rituel (dans sa mise en œuvre) s’est imposé à moi pour sa lenteur, suscitant le respect et le recueillement.
    La modification assez inattendue du rendu photographique, par l’accentuation des contrastes et la transformation des couleurs, m’inspirait les effets imprévisibles des radiations atomiques comme révélant l’irradiation même des vêtements.


    Michel Aguilera

    Un livre à paraître, avec de très beaux textes de Gilbert Moreau, le projet avance !

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